
Le plan d’urbanisme constitue un cadre de référence, un guide et un plan d’action en ce qui a trait à l’aménagement et au développement du territoire d’une municipalité. C’est donc un outil de gestion et de mise en valeur très important pour les autorités municipales et pour la collectivité puisqu’il définit en fonction de certains objectifs et orientations comment le territoire d’une municipalité devra être développé au cours des six (6) ou sept (7) prochaines années, quelles seront les affectations de chaque portion de territoire et quels types d’infrastructures et services devront être prévus au cours de cet horizon.
On donnera ici un aperçu des principaux éléments du contenu du plan d’urbanisme.
Les objectifs, orientations et stratégies de développement
Prenant en compte les forces et faiblesses ainsi que le positionnement de Rigaud à l’intérieur de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, on peut dégager un certain nombre d’objectifs qui seront à la base de son développement futur. On retiendra, en priorité, les trois (3) objectifs suivants :
1) Développer le territoire en ayant soin de respecter les caractéristiques naturelles du milieu et en respectant les principes fondamentaux de développement durable;
2) Développer la fonction résidentielle en tenant compte des particularités des différents milieux propices à cette activité tout en assurant la consolidation des têtes de développement déjà amorcées;
3) Développer le récréo-tourisme à partir des deux (2) attraits principaux, à savoir le mont Rigaud et la rivière des Outaouais, et en fonction du bassin de clientèle de la région de Montréal.
Trois (3) objectifs jugés complémentaires devront aussi être pris en considération :
4) Consolider le rôle de centre de services que joue Rigaud à l’intérieur du territoire de la MRC Vaudreuil-Soulanges;
5) Protéger le territoire agricole de toute intrusion susceptible de nuire à la pratique de l’agriculture et de compromettre son homogénéité;
6) Développer la fonction industrielle de Rigaud en tirant partie de la proximité de Montréal et de l’Ontario et des infrastructures routières en place.
On reprendra ci-après chacun de ces objectifs en énonçant pour chacun les orientations ou stratégies qu’on pourra envisager pour les atteindre.
1) Développer le territoire en ayant soin de respecter les caractéristiques naturelles du milieu et en respectant les principes fondamentaux de développement durable
Le territoire de Rigaud et plus particulièrement le mont Rigaud et les terres humides riveraines de l’Outaouais ou de la pointe à la Raquette recèlent des ressources écologiques de grande valeur qu’il y a lieu de protéger. La qualité du couvert forestier et la diversité des essences qu’on y trouve ajoutées à la diversité et à la rareté de certains espaces fauniques, aviennes et halieutiques donne à Rigaud un statut particulier sur le plan écologique. Aussi, apparaît-il important de développer le territoire avec une approche de développement durable qui prône une utilisation judicieuse de l’espace et des ressources qu’il intègre afin de créer un environnement de qualité pour les générations futures.
Pour atteindre cet objectif, les orientations et les stratégies suivantes sont retenues :
a) Protéger et mettre en valeur l’ensemble du mont Rigaud tout particulièrement au niveau de ses boisés, de sa faune et de ses paysages naturels et y limiter les usages à des activités récréo-touristiques douces et à des habitations de faible densité;
b) Protéger et mettre en valeur les aires humides riveraines de l’Outaouais (baie Brazeau, baie de Rigaud et pointe à la Raquette);
c) Protéger le couvert forestier par une réglementation appropriée et favoriser le reboisement des aires ayant subi des coupes forestières ainsi que des anciennes sablières-gravières.
2) Développer la fonction résidentielle en tenant compte des particularités des différents milieux propices à cette activité tout en assurant la consolidation des têtes de développement déjà amorcées
Il existe actuellement plus de 500 terrains disponibles à des fins résidentielles le long des rues existantes. Le développement résidentiel de la municipalité de Rigaud doit donc être conçu de façon à rentabiliser les services, les infrastructures et les équipements communautaires en place.
Sur le massif du mont Rigaud, une attention particulière doit être apportée au développement résidentiel. Les caractéristiques et les contraintes naturelles inventoriées suggèrent un type de développement différent de toute autre partie du territoire qui tienne compte de sa spécificité.
Ainsi, les orientations et stratégies suivantes sont envisagées pour répondre à cet objectif :
a. Favoriser un développement résidentiel de caractère villageois dans le prolongement ou à l’intérieur de l’agglomération du village;
b. Consolider les développements résidentiels déjà amorcés sur le mont Rigaud ou ailleurs en milieu rural;
c. Interdire l’ouverture de toute nouvelle rue résidentielle à l’extérieur de l’agglomération du village.
Toutefois, sur le massif du mont Rigaud, cette interdiction pourra être levée moyennant la réalisation d’une planification détaillée de l’espace à développer. Cette planification devra respecter les caractéristiques naturelles du massif et sa vocation récréo-touristique et être composée de résidences de faible densité. Ce développement résidentiel de caractère convivial avec le milieu naturel devra être contrôlé par un règlement concernant les plans d’aménagement d’ensemble;
d. Viser une plus grande homogénéité des types d’habitation à l’intérieur des différentes zones résidentielles de la municipalité;
e. Interrelier les développements résidentiels situés en montagne ou à proximité du lac par les sentiers de randonnée pédestre, équestre ou de ski de fond ou par des pistes cyclables.
3) Développer le récréo-tourisme à partir des deux (2) attraits principaux à savoir le mont Rigaud et la rivière des Outaouais et en fonction du bassin de clientèle de la région de Montréal
Bien que peu développé à l’heure actuelle, le récréo-tourisme pourrait davantage être exploité surtout à partir des deux (2) ressources que représentent le mont Rigaud et la rivière des Outaouais. Il faudrait viser à ce que Rigaud devienne, à l’intérieur de la région de Montréal, un point de convergence pour les adeptes du plein air et de l’interprétation de la nature. Pour atteindre cet objectif, les orientations et stratégies suivantes sont envisagées :
a) Parachever le programme d’aménagement des pistes de randonnée prévues sur la montagne et entre celle-ci et la pointe à la Raquette;
b) Protéger et mettre en valeur certaines parties du mont Rigaud à des fins de récréation extensive et d’interprétation de la nature (le secteur de la croix et des escarpements notamment);
c) Promouvoir l’implantation sur le mont Rigaud d’établissements récréatifs et culturels liés à la ressource tels des centres équestres, des centres de ski de fond et de randonnée pédestre, des centres de tir à l’arc, des bases de plein air, des centres d’interprétation de la nature et du patrimoine; d’établissements d’hébergement et de restauration intégrés à une activité récréative ou culturelle tels des auberges, des gîtes du passant, des centres de santé, des séjours à la ferme, des relais gastronomiques, des tables champêtres;
d) Créer une série de pôles récréo-touristiques interreliés par des pistes de randonnée ou des pistes cyclables, certains de ces pôles étant appelés à devenir des points de chute. Les pôles suggérés seraient le centre-ville, la gare, le parc en rive de la rue McMillan, le parc municipal, le Vieux-Moulin, le sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes, le sommet de la croix, le centre de ski du mont Rigaud, la sucrerie de la Montagne, l’aire de repos, un emplacement situé à la pointe à la Raquette, la rampe de mise à l’eau de la pointe Séguin et le centre d’interprétation de la baie Brazeau;
e) Parachever le réseau cyclable régional (réseau de la Presqu’Île) dans l’axe de la route 342 et du chemin de l’Anse et se raccordant aux réseaux prévus à Pointe-Fortune et à Hudson, et développer un réseau cyclable secondaire empruntant certaines rues de l’agglomération, une partie de l’emprise désaffectée du chemin de fer ou le chemin longeant la rive ouest de la rivière Rigaud (chemin du Haut-de-la-Chute); le point focal de ces différentes pistes étant la gare;
f) Promouvoir l’agro-tourisme dans la zone agricole et notamment la création de tables champêtres et de séjours à la ferme;
g) Aménager des fenêtres vertes sur la rivière Rigaud et sur la rivière des Outaouais et des accès publics à ces cours d’eau. On pourra notamment consolider la vocation nautique du terrain municipal situé à la Pointe-Séguin et aménager un parc en rive entre la rue McMillan et la rivière Rigaud.
4) Consolider le rôle de centre de services que joue Rigaud à l’intérieur du territoire de la MRC de Vaudreuil-Soulanges
Le rôle que joue Rigaud en tant que centre de services est lié à sa fonction commerciale et à sa fonction institutionnelle. Bien que la zone d’influence des commerces et services soit relativement réduite (environ 10 000 ou 12 000 personnes), à l’exception de celles du Collège Bourget et du Centre d’apprentissage de Rigaud qui sont de plus grande envergure, il y a lieu de consolider le rôle de Rigaud en tant que centre de services. Les orientations et stratégies suivantes sont envisagées :
a) Limiter le développement commercial aux zones déjà existantes;
b) Dynamiser le secteur centre-ville en tentant de rapprocher les générateurs d’achalandage, en favorisant l’amélioration de la qualité des structures et des enseignes et en encourageant la création de boutiques spécialisées et de commerces d’ambiance en mettant à profit, si possible, les bâtiments d’intérêt patrimonial;
c) Accroître la participation des institutions (le Collège Bourget et le Centre d’apprentissage de Rigaud en particulier) au développement de l’économie locale;
d) Poursuivre la vocation éducative et institutionnelle de Rigaud;
e) Accroître les activités et les événements à caractère culturel.
5) Protéger le territoire agricole de toute intrusion susceptible de nuire à la pratique de l’agriculture et de compromettre son homogénéité
Le domaine agricole constitue un atout indéniable pour la municipalité tant du point de vue économique que du point de vue esthétique. Une bonne pratique de l’agriculture ne peut être qu’avantageuse en termes de retombées économiques sur l’emploi et les commerces et services de Rigaud et aussi en termes de protection des paysages champêtres qui constituent un atout indéniable pour le développement de la fonction récréo-touristique.
Pour atteindre cet objectif, les orientations et stratégies suivantes sont retenues :
a) Restreindre au minimum les autorisations à des fins autres qu’agricoles à l’intérieur de la zone agricole décrétée;
b) Favoriser la remise en culture ou la plantation d’arbres sur les terres en friche;
c) Favoriser l’implantation de fermettes tout particulièrement dans l’aire agricole située à l’est de l’agglomération.
6) Développer la fonction industrielle de Rigaud en tirant partie de la proximité de Montréal et de l’Ontario et des infrastructures routières en place
L’implantation au cours des dix (10) dernières années de cinq (5) ou six (6) petites et moyennes entreprises industrielles dans les zones industrielles de Rigaud a relancé ici la confiance des investisseurs et positionné la municipalité parmi les centres industriels de la Montérégie. La disponibilité de plusieurs terrains à l’intérieur de trois (3) zones distinctes, des services municipaux d’aqueduc et d’égout et la présence de l’autoroute 40 en front de ces zones industrielles constituent des facteurs qui militent en faveur du développement industriel.
Les orientations et stratégies suivantes sont envisagées pour atteindre cet objectif :
a) Promouvoir la municipalité de Rigaud pour le développement de petites et moyennes entreprises en misant non seulement sur les facteurs énumérés ci-haut mais aussi sur la qualité du milieu, sur ses services, ses équipements récréatifs et la diversité des sites résidentiels qu’on y trouve (montagne, bordure du lac et agglomération du village);
b) Assurer la qualité esthétique des bâtiments industriels et des aménagements extérieurs (affichage, paysagisme, entreposage extérieur) des entreprises qui sont implantées et qui s’implanteront le long de l’autoroute 40 et de la rue Saint-Jean-Baptiste.
Les grandes affectations du sol et les densités de son occupation permettent de traduire de façon relativement précise les objectifs du plan d’urbanisme, les orientations et stratégies retenues ainsi que le concept d’aménagement proposé. Présentées aux plans 6 et 7, ces grandes affectations viennent préciser la destination future (résidentielle, commerciale, récréative ou autre) des différentes portions du territoire municipal. Ces affectations peuvent correspondre aux utilisations actuelles du sol mais aussi à des utilisations différentes dans le cas où un changement de vocation apparaît nécessaire. Car en plus de traduire spatialement les grandes orientations et les objectifs retenus, le plan des grandes affectations du sol propose un arrangement harmonieux des différentes utilisations qui prendront place sur le territoire. En ce sens, il tente d’éviter le contact de fonctions ou d’activités incompatibles.
Sans être aussi précis que le plan de zonage qui est intégré au règlement du même nom, le plan des grandes affectations du sol permet de cerner la destination future d’un îlot ou d’un ensemble d’îlots tout en fournissant, dans le cas des aires réservées à l’habitation, un indice sur la densité d’occupation anticipée (basse, moyenne et haute densité). On notera que le plan des affectations du sol n’a pas le degré de précision du plan de zonage au niveau de la délimitation des aires et que certaines parcelles de terrain peuvent, dans certains cas, se retrouver dans une aire d’affectation adjacente.
Ce document d’information ne remplace d’aucune façon le texte officiel du règlement du plan d’urbanisme. Il se propose plutôt comme un outil de référence.