
Quoi faire en cas de contamination?
Il est important de préciser que le laboratoire accrédité contactera le propriétaire concerné immédiatement si l’eau de son puits dépasse une des normes établies dans le Règlement sur la qualité de l’eau potable.
Contamination chimique
Tel que mentionné précédemment, certains éléments sont présents naturellement en grande quantité dans les eaux souterraines. Dans ce cas, le propriétaire est aux prises avec un problème chronique qu’il convient de résoudre par l’entremise d’appareils de traitement appropriés.
Par ailleurs, dans les cas où des activités humaines sont soupçonnées d’être à l’origine d’une contamination, il faudra tenter de préciser le plus exactement possible la source de la contamination et apporter les correctifs requis. S’il s’avère que la contamination est régionale et que, par conséquent, le propriétaire n’a aucun pouvoir sur la situation (épandage d’engrais chimiques ou organiques, épandage de sels déglaçants), le problème risque d’être chronique et un appareil de traitement devra être envisagé. En ce qui concerne l’épandage de sels déglaçants, il serait toutefois inutile d’utiliser un appareil de traitement pour éliminer un problème qui ne se produit que sur une courte période. Le goût indésirable d’eau salée risque de ne se produire que lors du dégel pour ensuite disparaître graduellement. Pendant cette période, l’utilisation d’eau en bouteille pour la consommation pourrait être un solution beaucoup moins dispendieuse qu’un appareil pour l’élimination des chlorures.
Le ministère de l’Environnement du Québec conseille aussi aux propriétaires d’un ouvrage de captage pour lequel une analyse chimique révèle des résultats au-delà des normes précisées dans le Règlement sur la qualité de l’eau potable de communiquer avec un représentant de la direction régionale du ministère de l’Environnement de leur territoire afin de trouver une solution appropriée. Un suivi peut également être requis lorsque les concentrations mesurées approchent les valeurs seuils établies. De manière générale, tout dépassement d’une norme chimique doit être rapporté à la direction de la santé publique de la région concernée afin d’obtenir des renseignements sur la salubrité de l’eau destinée à la consommation humaine.
Si la concentration de nitrates-nitrites détectée dans l’eau excède la norme précisée dans le Règlement sur la qualité de l’eau potable, soit 10 mg/l, cette eau ne doit pas être utilisée pour l’alimentation des nourrissons de moins de six mois. Par mesure de prudence, les femmes enceintes devraient également s’abstenir de consommer cette eau. La population en général doit également éviter le plus possible de consommer régulièrement une eau dont la concentration en nitrates-nitrites excède la norme établie. Lorsque la concentration de nitrates-nitrites atteint ou excède 20 mg/l, les autorités en matière de santé publique au Québec recommanderont généralement la non-consommation de cette eau à toutes les personnes susceptibles de la consommer, compte tenu du risque associé à l’exposition chronique. Par ailleurs, il est important de noter que la présence de nitrates-nitrites en concentration supérieure à 5 mg/l justifie un suivi régulier d’au moins deux fois par année, puisque les concentrations peuvent varier dans le temps.
Si l’eau est contaminée par les nitrates-nitrites, il est important d’identifier la cause et si possible de corriger ou d’améliorer la situation. Les sources possibles de contamination sont l’épandage de fumier ou d’engrais chimiques de même que des installations septiques avoisinantes.
Présence des indicateurs microbiologiques
La présence de coliformes totaux renforce l’importance de faire des vérifications et éventuellement d’apporter des correctifs appropriés tel que mentionné sous la rubrique Identifier la source de contamination, de façon à prévenir toute contamination fécale éventuelle, et aussi de faire un suivi régulier de la qualité de l’eau du puits en ajoutant l’analyse des bactéries E. coli et entérocoques. Si à la suite d’un nouveau prélèvement, la présence de coliformes totaux est confirmée et hors norme, c’est-à-dire au-delà de 10 ufc/100 ml, un traitement choc de désinfection du puits est recommandé.
Dès que la présence de bactéries E. coli ou entérocoques est détectée dans l’eau, on considère qu’il s’agit d’u résultat hors normes. Si tel était le cas, il est essentiel de ne pas consommer cette eau avant de l’avoir maintenue en ébullition durant au moins une minute. Il faut également utiliser de l’eau bouillie pour faire les glaçons, préparer les breuvages, préparer les aliments pour bébés, laver les aliments qui seront mangées crus, se brosser les dents ou encore pour donner le bain aux bébés. Ces recommandations doivent être suivies jusqu’à ce que des analyses subséquentes révèlent la conformité de l’eau aux normes. Il est recommandé aussi de procéder à un traitement choc de désinfection du puits, d’identifier la source de contamination fécale et d’apporter si possible les correctifs appropriés.
DÉSINFECTER SON PUITS *
1. Nettoyer le puits, si possible, à l’aide d’une puisette afin d’enlever les corps étrangers, les dépôts, les matières animales ou végétales, etc.
2. Verser dans le puits de l’eau de Javel selon les quantités mentionnées dans le tableau suivant, intitulé «Quantité requise d’eau de Javel pour la désinfection d’un puits» (voir le lien Internet plus bas).
3. Mélanger l’eau de Javel avec l’eau du puits et, si possible, laver et brosser la paroi intérieure. Vous pouvez aussi raccorder un tuyau d’arrosage au robinet le plus proche et rincer la paroi intérieure du puits, afin d’assurer un mélange complet du chlore et de l’eau dans tout le puits.
4. Ouvrir tous les robinets. Lorsque l’odeur du chlore est perceptible, il faut arrêter la pompe et fermer les robinets.
5. Attendre 24 heures avant de faire circuler l’eau dans les tuyaux.
6. Effectuer, par la suite, une purge prolongée en laissant couler l’eau jusqu’à ce que l’odeur de chlore disparaisse. Ouvrir ensuite tous les robinets pour rincer complètement la tuyauterie.
7. Procéder à de nouvelles analyses de l’eau une semaine suivant la désinfection et quatre semaines plus tard, afin de savoir si votre eau répond aux normes de qualité.
Veuillez consulter le lien suivant afin de vérifier la quantité nécessaire d’eau de Javel pour la désinfection de votre puits.
IDENTIFIER LA SOURCE DE LA CONTAMINATION
Il est important d’identifier la source de la contamination. Une recherche s’impose pour en trouver la cause et apporter les correctifs appropriés. Les sources locales de contamination peuvent être multiples : aménagement du puits (manque d’étanchéité du couvercle ou du scellement), sol environnant (absence d’un monticule autour du puits pour éloigner le ruissellement de surface), installation septique défectueuse ou encore insalubrité des lieux (ex., épandage de fumier ou autres activités générant de la pollution fécale). Il s’agit donc dans ces cas de procéder aux travaux requis pour corriger la situation. La personne aux prises avec un problème de contamination peut communiquer avec l’officier municipal concerné afin d’orienter sa recherche de solutions. Des analyses subséquentes dans le cadre du suivi de la qualité de l’eau permettront de vérifier l’efficacité des correctifs apportés.
Des résultats d’analyses ponctuelles conformes ne peuvent assurer à eux seuls la qualité de l’eau potable en tout temps. Il est donc important d’être toujours alerte relativement aux sources de contamination mentionnées précédemment.
Systèmes de traitement disponibles
Tous les produits certifiés par la National Sanitation Foundation (NSF) sont reconnus comme efficaces en ce qui a trait au respect des critères de qualité.
Entretien d’un ouvrage de captage
L’aménagement d’un ouvrage de captage est un investissement coûteux et des plus importants. Il faut donc prendre les précautions nécessaires pour assurer la salubrité et le bon fonctionnement d’un système individuel d’approvisionnement en eau potable. Le propriétaire d’un tel captage doit donc être vigilant quant à la qualité de l’eau (apparence, goût, odeur) qui provient du puits et procéder à une observation des lieux et ultimement à une analyse dès qu’un changement suspect se manifeste. Afin de maintenir l’intégrité de l’eau captée, le puits et ses abords devraient être inspectés régulièrement.
Les points suivants devraient faire l’objet d’une vérification systématique :
1. le coulisseau est solidement fixé et bien étanche;
2. l’évent est libre de toute obstruction;
3. le drainage des eaux de surface avoisinantes se fait dans la direction opposée au puits;
4. l’absence d’eau stagnante à proximité du puits;
5. l’absence de débris à la surface de l’eau du puits;
6. l’absence de fissures dans le tubage ou entre les joints d’étanchéité des tubages de puits de surface qui laisserait de l’eau de surface ou des débris entrer dans le puits.
À l’instar des précautions prises à l’égard du puits, des mesures de prévention doivent également être appliquées aux systèmes de traitement pour l’élimination des problèmes esthétiques (filtres au charbon, osmose inversée, adoucisseurs, filtre au sable vert). Un manquement à ces mesures de prudence pourrait favoriser la prolifération des bactéries. Pour ce type d’appareils, il est recommandé :
1. de s’assurer que l’eau est microbiologiquement saine;
2. de faire couler l’eau au moins 30 secondes avant la première utilisation journalière;
3. de changer les filtres ou les unités selon la fréquence prévue par le fabricant;
4. de suivre fidèlement les directives du fabricant.
Pour s’assurer une désinfection efficace, l’eau qui alimente les systèmes de traitement pour l’élimination des micro-organismes doit être claire et limpide.
Pour toute information supplémentaire :
François Lavigne
Responsable des stations d’aqueduc et d’égout
450 451-0869, poste 237
* Informations provenant du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.